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| ARTICLES
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Décoration INTERNATIONALE T5516 - 109 - 40,00 F |
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| RENE LETOURNEUR : LE DON D'AFFECTION Texte Isabelle Dillman. Photos Patrick Delance et Cyrile Le Tourneur D'Ison Benvenuto Cellini disait qu'une statue doit avoir huit angles de vision. Les sculptures de René Letourneur dépassent tous ces angles et prennent vie comme par magie au moment même où vous les regardez. |
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"La femme et l'enfant", un marbre grec de naxos réalisé dans les années 60. |
comme 1er Grand prix de Rome de la sculpture. Subjugué par
la renaissance italienne, le 15ème siècle florentin,
fasciné par le génie et la puissance de Michel-Ange,
"Mon maître, je l'ai aimé eperduement", émerveillé
par les ébauches des esclaves et par le souffle de ce "type-là,
au nez cassé, au torse énorme,sans jambes, et dont
le duel avec la sculpture était un combat, un compte à
régler avec l'humanité", il échoue à
Rome pour quatre ans et travaille dans l'ancienne chapelle de Ferdinand
de Médicis comme pensionnaire privilégié de
la Villa Médicis.
Talent incontesté et succès. Les commandes se succèdent. Comme son complice le tchèque Zwobada, un autre grand de la sculpture décédé aujourd'hui, il gagne devant 42 nations le concours international présidé par Maillol "celui qui a eu le plus d'influence sur moi" et réalise le gigantesque monument à Simon Bolivar pour Quito en Equateur. Il ne cessera plus de travailler s'attaquant à la taille directe, sans metteurs au point, sans moulage. Levé à 5 heures du matin , li s'habille de blanc , "marié" comme il le dit lui même "à la sculpture, esclave servile de son idéal", il rentre en vocation, en mission comme les Rodin, Bourdelle, Despiau et autres grands, jamais découragé par ce métier très âpre où l'on travaille bras levés pendant des heures, se trompant parfois d'un coup malheureux où l'outil s'enfonce avec un bruit différent dans une infractuosité, un creux, là ou il ya |
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La
femme me suffoque dans son mystère. C'est de cet amour fou,
inconditionnel que ce sculpteur-poète et visionnaire vit depuis
tant d'années. Survivre à la beauté, jour après
jour, dans le silence d'un atelier où seul face à la
pierre, René Letourneur, ce jeune homme de 88 ans recrée
le gestes millénaires des artisans du monde.
Frapper à coups de masse les marbres blancs de Sienne, polir les bas-reliefs en marbre rose de Milan, tendre la forme d'un marbre de Naxos et surtout faire émerger l'humain, bras étirés, visages inclinés, corps lovés dans la matière de ces sables compressés depuis tant d'années. Il faut passer les lourdes grilles du parc de la maison de Fontenay-aux-Roses, faire jouer les gonds et découvrir cet univers magique où l'air est imprégné de sculptures plus encore que des jasmins, glycines, magnolias du jardin. Et si comme le dit Le Corbusier : "Il n'y a pas d'oeuvre d'art sans système", celui de René Letourneur est le "don d'affection". A 12 ans, cet enfant de la place des Vosges découvre avec émerveillement les tensions et les lignes de force, la géométrie et l'impact de l'art de la troisième dimension. Il tient dans sa main sa première oeuvre, un visage sculpté dans une pierre tendre. De cette sensibilité à fleur de peau, de cet appel profond, sans jugement, dans la grande tradition des Antiques, des Grecs et des Assyriens, René Letourneur va construire sa vie dans la taille directe et dans le regard minéral de ces êtres "absolus" dépourvus de tous attributs, draperies ou architectures. Simples formes balancées par une autre forme.
"Ce mensonge splendide" comme il définit lui-même son travail, le distingue à la grande exposition des Arts Décoratifs en 1925 où il reçoit la médaille d'or et le propulse à l'Académie de France, |
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